A l'occasion de la guerre qui se déroule actuellement en Irak, la presse parle parfois des chrétiens assyro-chaldéens qui sont, entre autres, irakiens. On évoque dans ses colonnes et les journaux télévisés les brimades dont ils sont l'objet, les persécutions qu'ils redoutent si les chiites prennent le pouvoir et imposent la charia, la loi islamique pour tous les Irakiens, musulmans ou non.
Paris Notre-Dame publie un écho sur la consécration de la nouvelle église des chrétiens de rite chaldéen du à Paris, l'église Saint Thomas l'Apôtre.
Nous vous en parlons ici pour que vous connaissiez ces chrétiens et que, les connaissant, vous les accueilliez fraternellement si le Seigneur leur fait croiser votre route. Il serait lamentable de les ignorer. Ne sont-ils pas nos frères et nos aînés dans la foi ?
Les Chaldéens catholiques sont les descendants des Babyloniens, Assyriens, Chaldéens et Araméens de Mésopotamie (entre le Tigre et l'Euphrate) évangélisés par l'apôtre saint Thomas. Ils se rattachèrent à Rome au 16ème siècle.
La Tradition rapporte que toutes les synagogues de Chaldée qu'évangélisa saint Thomas devinrent chrétiennes. Leur esprit missionnaire était si grand qu'elles travaillèrent avec lui à l'évangélisation de l'Inde dès 53 (vingt ans après la Résurrection du Christ), puis après la mort de l'apôtre, à l'évangélisation de la Chine, de la Mongolie. Hélas, pour diverses raisons historiques n'ayant pas été relatées et n'ayant pas reçu de "renforts" de la part des Eglises-mères, ces églises furent peu à peu submergées par l'islam.
Les Chaldéens sont des catholiques de rite oriental. Leur ferveur religieuse ne s'est jamais démentie au long des siècles, ferveur qu'ils attribuent à la sainteté et à la pureté de l'enseignement de saint Thomas, leur évangélisateur, pour qui ils éprouvent encore de nos jours, une immense reconnaissance et une profonde vénération.
Beaucoup ont fui leur pays, la Turquie et l'Irak notamment, à la suite des massacres, guerres et persécutions dont sont victimes ces chrétiens. Les Chaldéens sont environ 18 000 en France.
Ils célèbrent leurs liturgies en chaldéen, une forme de l'araméen, la langue parlée dans tout le Moyen-Orient à l'époque du Christ. Leurs chants liturgiques que nous avons pu entendre récemment lors de l'inauguration du carillon de Notre-Dame de France à laquelle ils avaient été invités, rappellent étrangement le pré-grégorien.
Ils sont 10 000 dans la région parisienne. Ils viennent d'inaugurer ce samedi 7 février, à Sarcelles, leur église dédiée à saint Thomas l'Apôtre, en présence de nombreuses personnalités religieuses, telles Mgr Petrus Yousif, vicaire patriarcal des chaldéens, Mgr Ibrahim, évêque chaldéen de Détroit, délégué par le patriarche de Babylone, le nonce apostolique, Mgr Baldelli, sous la présidence du Cardinal Jean-Marie Lustiger, l'ordinaire des catholiques de rite oriental résidant en France et de Mgr Riocreux, évêque de Pontoise.
Pourquoi cette nouvelle église pour les Chaldéens ? Avec ses 700 places et ses quatre niveaux, l'église saint Thomas répond au besoin réel des chaldéens franciliens qui veulent maintenir leurs traditions religieuses et culturelles. Car ces catholiques, originaires du haut-Irak, célèbrent selon un rite oriental spécifique dit "chaldéen", différent du rite latin.
Jusqu'à présent, ils pratiquaient leurs offices dans les paroisses de Sarcelles et des environs.
Au rythme de sept messes par week-end, avec 950 enfants au catéchisme, ils redoutaient de représenter une charge pour les paroisses.
"Aussi, la communauté chrétienne chaldéenne a-t-elle eu à cœur d'entreprendre la construction de cette église. Pour les trois-quarts, les fonds viennent des chaldéens eux-mêmes. Il est très touchant de voir que tous ont donné, même des personnes au SMIC, ont été très généreuses".
"Chez nous, les parents initient très tôt leurs enfants à la foi, mais aussi à donner généreusement, même sur leurs petites économies !"
Chers chrétiens chaldéens, soyez fidèles à vos traditions, continuez à rester de fervents chrétiens comme l'ont toujours été vos ancêtres. Votre exemple nous aidera à être le ferment dans la pâte !
D'après Claire Ferscheld
Publié dans l'AFALE Magazine n° 288, février-mars 2004
Dernière mise à jour : 27-déc.-2004