CITE DU VATICAN, Mardi 19 avril 2005 (ZENIT.org)
Le cardinal allemand Joseph Ratzinger, doyen du collège cardinalice, a été élu pape par le conclave et a pris le nom de Benoît XVI.
Le cardinal Jorge Arturo Medina Estévez, protodiacre, a annoncé officiellement la nouvelle, depuis la loge des bénédictions.
Le nouveau pape a ensuite salué la foule depuis la loge des bénédictions et a prononcé les paroles suivantes :
Chers frères et chères soeurs, après le grand Pape Jean Paul II, Messieurs les Cardinaux m'ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur.
Le fait que le Seigneur sache travailler et agir également avec des instruments insuffisants me console et surtout, je me remets à vos prières, dans la joie du Christ ressuscité, confiant en Son aide constante.
Nous allons de l'avant, le Seigneur nous aidera et Marie, Sa Très Sainte Mère, est de notre côté. Merci.
Après de longs et chaleureux applaudissements, le nouveau pape a donné la bénédiction apostolique « Urbi et Orbi » (à la ville et au monde) et a pris congé des fidèles.
Article original dans ZENIT ZF05041901
ROME, Mercredi 20 avril 2005 (ZENIT.org) – le pape Benoît XVI évoque d’emblée la « communion collégiale » qui doit unir les cardinaux, les évêques, le pape.
La première messe du pape Benoît XVI a été retransmise en direct de la Chapelle Sixtine, ce mercredi à 9 heures à la télévision nationale italienne RAI Uno. Célébraient à ses côtés le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat de Jean-Paul II, et le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, jusqu’ici président du conseil pontifical pour la Famille.
Le pape Ratzinger a choisi comme bâton pastoral la croix d’argent de Paul VI, choisie ensuite par Jean-Paul Ier et par Jean-Paul II : le monde change, la croix demeure.
Le pape Ratzinger a célébré la messe en latin avec les 114 cardinaux électeurs au lieu même de son élection. Un autel avait été disposé spécialement dans la Sixtine.
Une élection rapide : quatre scrutins seulement : un lundi soir, deux mardi matin, et un mardi soir. Selon un cardinal allemand, le cardinal Joseph Ratzinger a été élu pape avec beaucoup plus que la majorité des deux tiers nécessaires. Il a été acclamé place Saint-Pierre dès qu’il a évoqué le « grand pape Jean-Paul II » et lorsqu’il s’est présenté comme « un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur ».
Le pape a lu son homélie, en latin, langue dans laquelle la majorité des cardinaux ont fait leurs études, à la fin de la messe.
Il confiait d’abord ses sentiments, s’adressant non seulement aux personnes matériellement présentes, mais au monde entier : « Vénérés frères cardinaux, Chers frères et sœurs dans le Christ, Vous tous, hommes et femmes de bonne volonté ! ».
Ses premières paroles ont été ce vœu : « grâce et paix en abondance à vous tous ! »
C’est sur le ton très posé qui le caractérise que le pape a voulu dévoiler un peu des sentiments qui l’habitent en ce premier jour de pontificat : « En mon âme cohabitent en ces heures deux sentiments opposés. D’une part, un sentiment d’inadaptation et de trouble humain par rapport à la responsabilité qui m’a été confiée hier en tant que Successeur de l’apôtre Pierre sur ce Siège de Rome, à l’égard de l’Eglise universelle. D’autre part je ressens en moi une profonde gratitude envers Dieu qui, comme nous le fait chanter la liturgie, n’abandonne pas son troupeau mais le guide à travers les temps, sous la conduite de ceux qu’Il a lui-même élus vicaires de son Fils et constitués pasteurs (cf. Préface des Apôtres I) ».
Il confiait aussi sa « surprise » : « Me surprenant au-delà de toutes mes prévisions, la Providence divine, à travers le vote des vénérés pères cardinaux, m’a appelé à succéder à ce grand pape. Je repense en ces heures à ce qui se produisit dans la région de Césarée de Philippe, il y a environ deux mille ans. Il me semble entendre les paroles de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », et la solennelle affirmation du Seigneur : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise… Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux » (Mt 16, 15-19) ».
Le pape continuait ce « partage biblique » : « Tu es le Christ ! Tu es Pierre ! Il me semble revivre la même scène évangélique ; moi, successeur de Pierre, je répète avec anxiété les paroles vibrantes du pêcheur de Galilée et j’écoute à nouveau avec une profonde émotion la promesse rassurante du divin Maître. Si le poids de la responsabilité qui se déverse sur mes pauvres épaules est énorme, la puissance divine sur laquelle je peux compter est certainement démesurée : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt 16, 18). En me choisissant comme Evêque de Rome, le Seigneur m’a voulu comme son Vicaire, il m’a voulu « pierre » sur laquelle tous peuvent s’appuyer en sécurité. Je Lui demande de suppléer à la pauvreté de mes forces, afin que je sois un courageux et fidèle Pasteur de son troupeau, toujours docile aux inspirations de son Esprit ».
« Je m’apprête à entamer ce ministère particulier, le ministère « pétrinien » au service de l’Eglise universelle, en m’abandonnant humblement entre les mains de la Providence de Dieu. C’est d’abord au Christ que je renouvelle mon adhésion totale et confiante : "In Te, Domine, speravi; non confundar in aeternum!". (« En toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance, je ne serai pas confondu ») ».
Le pape Benoît XVI n’entend pas gouverner sans l’aide des cardinaux : « Avec une âme reconnaissante pour la confiance que vous m’avez témoignée, je vous demande, à vous, Messieurs les Cardinaux, de me soutenir par la prière et la collaboration constante, active et sage. Je demande aussi à tous mes frères dans l’épiscopat de m’accompagner par la prière et les conseils, afin que je puisse être vraiment le Servus servorum Dei ».
Il insiste sur cette dimension collégiale héritée des apôtres : « De même que Pierre et les autres apôtres constituèrent conformément au souhait du Seigneur, un unique collège apostolique, le successeur de Pierre et les évêques, successeurs des apôtres, - le Concile l’a répété avec force (cf. Lumen gentium, 22) -, doivent être étroitement unis entre eux ».
« Cette communion collégiale, certes dans la diversité des rôles et des fonctions du pontife romain et des évêques, est au service de l’Eglise et de l’unité dans la foi, de laquelle dépend largement l’efficacité de l’action évangélisatrice dans le monde contemporain, soulignait le pape. C’est sur ce chemin, sur lequel ont avancé mes vénérés prédécesseurs, que j’entends par conséquent moi aussi avancer, avec l’unique souci de proclamer au monde entier la présence vivante du Christ ».
Article original dans ZENIT ZF05042001
ROME, Jeudi 21 avril 2005 (ZENIT.org>)
La rapidité de l’élection du pape Benoît XVI en dit long sur la façon dont l’action du préfet de la Doctrine de la Foi a été perçue dans le monde entier ces vingt dernières années, et sur la communion qui animait les cardinaux.
Rappelons que mardi, dans la première homélie, à la fin de la messe dans la chapelle Sixtine avec les cardinaux électeurs, le pape Benoît XV a indiqué les lignes prioritaires de son pontificat. Un engagement fort pour l’œcuménisme, certes par le dialogue théologique, mais surtout, avec des « gestes concrets ». Le dialogue en vue de la pleine unité constitue un « devoir pressant » pour Benoît XVI.
Il réaffirmait aussi l’engagement de l’Eglise pour le dialogue avec les civilisations et les religions, sans perdre de vue que la mission de Pierre est de faire resplendir la lumière du Christ.
Les droits de l’homme n’étaient pas absents de ces considérations: « J'invoque de Dieu, disait le pape solennellement, l'unité et la paix pour la famille humaine et je déclare la disponibilité de tous les catholiques à coopérer pour un développement social authentique, respectueux de la dignité de chaque être humain ».
Mais surtout, il s’inscrivait dans le « sillage » de Jean-Paul II et de ses prédécesseurs en affirmant sa volonté de travailler à la mise en œuvre du concile: il reprenait l’expression du pape Wojtyla: le Concile est une « boussole sûre » pour l’Eglise du IIIe millénaire.
Mais le pape Benoît XVI a aussi annoncé certaines étapes de son programme pour approfondir l’Année de l’Eucharistie : la fête du Saint-Sacrement et le synode des évêques sur l’Eucharistie convoqué par Jean-Paul II en octobre prochain. Il demandait un effort particulier des prêtres dans ce sens, en leur disant son « affection », il recommandait beaucoup de soin dans la célébration de l’Eucharistie.
A Cologne aussi l’Eucharistie sera au cœur du rassemblement des jeunes : « L’Eucharistie se trouvera ensuite, en août, au centre de la Journée mondiale de la Jeunesse à Cologne et, en octobre, de l’Assemblée ordinaire du Synode des évêques qui aura pour thème : « l’Eucharistie, source et sommet de la vie et de la mission de l’Eglise ». »
Car le pape bavarois a rendez-vous avec les jeunes à Cologne, pour la Journée mondiale de la jeunesse. Il reconnaît dans les jeunes des interlocuteurs privilégiés de Jean-Paul II, l’avenir de l’Eglise et du monde.
« Je continuerai à dialoguer avec vous, chers jeunes, disait-il, avenir et espérance de l'Eglise et de l'humanité, en écoutant vos attentes dans l'intention de vous aider à rencontrer toujours plus en profondeur le Christ vivant, celui qui est éternellement jeune ».
Les jeunes l’avaient en quelque sorte devancé sur le parvis Saint-Pierre, lundi soir, au plus près de la loggia : ils l’acclamaient déjà en scandant son nom en italien : Beee-ne-de-tto, Beee-ne-de-tto. Ils tendaient un grand calicot qui disait en italien : « N’aie pas peur, les jeunes sont avec toi ».
ZF05042107
selon le cardinal Ratzinger. Messe pour les papes défunts Paul VI et Jean-Paul I
ROME, vendredi 22 avril 2005 (ZENIT.org)
Le ministère pétrinien consiste à « présider l’Eglise dans l’amour du Christ », dans un amour responsable et illuminé par la vérité de la foi, affirmait le cardinal Ratzinger dans l’homélie prononcée au cours de la messe du 28 septembre 2004 à l’intention des pontifes défunts Paul VI et Jean-Paul Ier.
A cette occasion, le pape actuel Benoît XVI, réfléchissant sur le sens et la valeur du ministère pétrinien, qui se reflète dans le portrait spirituel de ces deux papes, affirmait que : « Amour et vérité apparaissent (…) comme les deux pôles de la mission confiée aux successeurs de saint Pierre ».
En partant de la prière de la collecte de ce jour, selon laquelle les deux papes ont, « dans l’amour du Christ présidé ton Eglise », le cardinal disait : « Présider l’Eglise dans l’amour du Christ – ces paroles font naturellement penser à la lettre de saint Ignace à l’Eglise de Rome, à laquelle le saint martyr, qui vient d’Antioche, le premier siège de Pierre, reconnaît la présidence dans l’amour ».
Mais également « présider dans la charité, c’est avant tout présider dans l’amour du Christ », poursuivait le cardinal, rappelant que la remise définitive du primat à Pierre, après la résurrection, est liée à la demande trois fois répétée par le Seigneur : ‘Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ?’ » (Jn 21, 15ss).
« Paître le troupeau du Christ et aimer le Seigneur signifient la même chose. C’est l’amour du Christ qui guide la brebis sur la bonne voie et édifie l’Eglise » affirmait le cardinal Ratzinger.
Toutefois « l’amour du Christ implique la connaissance du Christ – la foi – et implique la participation à l’amour du Christ : porter les fardeaux les uns des autres, comme dit saint Paul ».
« Le primat dans son essence intime n’est pas un exercice de pouvoir, mais signifie ‘porter les fardeaux les uns des autres’, c’est la responsabilité de l’amour », déclarait-il.
« L’amour est précisément le contraire de l’indifférence à l’égard de l’autre, il ne peut admettre que s’éteigne dans l’autre l’amour du Christ, que l’amitié et la connaissance du Seigneur puissent s’atténuer, que le ‘souci du monde et la séduction de la richesse étouffent cette parole‘» (Mt 13, 22), affirmait encore le cardinal Ratzinger.
« Et enfin : l’amour du Christ est l’amour pour les pauvres, pour les personnes qui souffrent ». « L’amour du Christ n’est pas une chose individualiste, uniquement spirituelle – il concerne la chair, il concerne le monde et doit transformer le monde » ajoutait-il.
« L’amour serait aveugle sans la vérité – soulignait le cardinal Ratzinger -. Et c’est pourquoi celui qui doit précéder dans l’amour reçoit du Seigneur la promesse :’Simon, Simon… mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas’ » (Lc 22, 32).
« La foi de Pierre ne vient pas de ses propres forces – l’indéfectibilité de la foi de Pierre est fondée sur la prière de Jésus le Fils de Dieu : ‘J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas’. Cette prière de Jésus est le fondement sûr de la fonction de Pierre pour tous les siècles », concluait le cardinal Ratzinger.
Article original dans ZENIT ZF05042205