Comparaison synoptique  de La Passion du Christ entre les Évangiles, les reconstitutions médicales, le Linceul de Turin et le Suaire d'Oviedo

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Le linceul de Turin est parfois appelé le "5ème évangile". Son étude détaillée est ici comparée aux textes des évangiles et aux connaissances actuelles sur la crucifixion à l'époque romaine.

Les études portant sur un seul évangile sont indiquées en italique

Les points d'interrogation  (?) mettent en évidence les études récentes ou discutées

EVÉNEMENTS

RÉFÉRENCES BIBLIQUES

ASPECTS PSYCHOLOGIQUES, PHYSIQUES ET MÉDICAUX

ETUDE MEDICO-LEGALE DU LINCEUL DE TURIN

ETUDE MEDICO-LEGALE DU SUAIRE D'OVIEDO

Jardin de Gethsemani

Mt 26 36-42

Mc 14 32-42

Lc 22 40-46

angoisse, détresse morale totale,

hématidrose (sueur mêlée à un saignement cutané)

cheveux blonds très clairs, presque blancs

 

Arrestation de Jésus

Mt 26 47-56

Mc 14 43-52 Lc 22 47-53 Jn 18 2-11

trahison de Judas et abandon par les apôtres

 

 

Comparution de Jésus devant Hanne

Jn 18 13-24

Jésus rencontre la haine des ennemis,

premiers coups

 

 

Comparution de Jésus devant Caïphe et le sanhédrin

Mt 27 57-68

Mc 14 53-65

Lc 22 54.63-71

Jésus rencontre la haine des ennemis,

coups supplémentaires

pommette droite gonflée, deux arcades sourcilières tuméfiées et enflées, lésion triangulaire de deux cm sous l'œil droit

absence de représentation de la pommette droite

Reniement de Pierre

Mt 26 69-75

Mc 14,66-72 Lc 22 56-62  Jn 18 17.25-27

lâcheté du chef des apôtres

 

 

Jésus est amené devant Pilate

Mt 27 1-2.11-26 ; Mc 15,1-15 ; Lc 23 1-5.13-25   ; Jn 18 28-40

accusations mensongères

 

 

Jésus est envoyé chez le roi Hérode Antipas

Lc 23 6-12

Jésus méprisé et ridiculisé

 

 

La flagellation par les bourreaux romains

Le flagrum romain

Le flagrum romain

Mt 27 26

Mc 15 15

Lc 23 16.22

Jn 19 1

le condamné a sans doute été lié par les mains et flagellé par deux bourreaux de taille différente

douleurs violentes, hémorragie, œdème pulmonaire et cardiaque (épanchement du liquide dans le péricarde),

dyspnée (respiration difficile), toux sèche, expectoration mousseuse, soif intense

de 100 à 120 traces disposées en deux plaies parallèles sur tout le corps (sauf sur les avant-bras) provoquées par près de 60 coups de fouet à deux lanières terminées par des boules de plomb ou d'os (le flagrum romain)

deux axes de flagellation d'inclinaisons différentes

 

Couronnement d'épines

Coulées de sang sur la nuque

Le cercle de joncs maintenant les épines

Reconstitution du cercle de joncs maintenant les épines sur la tête

Mt 27 27-31

Mc 15 16-20

Jn 19 2

humiliation et dérision par des moqueries, des crachats et des coups,

douleur provoquée par les épines de jujubier, plante poussant dans les zones semi désertiques, hémorragies

coulées de sang au niveau du front en forme d'epsilon, de la nuque et des tempes (mais pas au sommet de la tête) provenant d'un sujet vivant, surtout visibles sur l'arrière et s'arrêtant au niveau d'une ligne concave provoquée sans doute par un cercle de joncs maintenant les épines sur la tête en formant une sorte de casque

Il n'y eut donc pas de "couronnes d'épines" au sens traditionnel

 

 

 

 

la zone suboccipitale (dimension moyenne de 26cm) et la partie inférieure du cou présentent une série de blessures faites quand le supplicié était encore en vie et qui ont arrêté de saigner une heure avant le placement du suaire sur elles.

Port de la croix

Blessure sur l'omoplate gauche (photo G.ENRIE)

Blessures sur l'omoplate gauche

Mt 27 32

Mc 15 21

Lc 23 26-32

humiliation

chute : genoux écorchés, nez fracturé,

épuisement physique

nez enflé avec pointe déviée vers la droite, écorchures au niveau des genoux (surtout le droit),

larges meurtrissures sur les deux épaules, à droite dans la région claviculaire et dans la partie externe de la région scapulaire, à gauche, plus bas, dans la région scapulaire

particules de terre aux pieds et aux genoux

nez dévié vers la droite

Crucifixion

Position du clou dans le poignet

Position du clou dans le poignet

Mt 27 33-44

Mc 15 22-32

Lc 23 33-43

Jn 19 16-24

clou enfoncé dans le poignet gauche (espace de Destot) qui provoque une violente lésion du nerf médian du pouce et un repli réflexe du pouce vers la paume de la main,

clou enfoncé au centre du pied gauche entre le deuxième et le troisième métatarse qui provoque des douleurs au niveau des principaux nerfs du pied, tétanie musculaire (crampes)

plaie sanglante sur le poignet gauche d'où part une large coulée sanguine qui remonte obliquement vers l'avant-bras et une autre coulée, plus petite, qui remonte jusqu'au coude

l'angle entre les deux coulées est d'environ cinq degrés (le supplicié se redressait périodiquement en s'appuyant sur ses pieds)

 

Crucifixion (suite) Paroles du Christ en croix

Position du clou dans le pied

Position du clou dans le pied

Sept paroles du Christ

risée des ennemis et douleur de voir sa mère souffrir,

jaunisse hémolytique (destruction des cellules rouges),

hyperthermie (augmentation de la température du corps 41° et plus), respiration haletante rendant la parole quasi-impossible, déshydratation totale,

 

asphyxie partielle entraînant une hyperextension de la cage thoracique : agonie de trois heures environ

pas de plaie sur le dos de la main droite, absence de pouce visible,

deux pieds croisés, le pied gauche passant devant le pied droit qui touchait le bois

coulées sanglantes sur les deux pieds d'abord en direction des orteils lorsque le corps était en position verticale ensuite en direction des talons pendant le transport au tombeau

thorax remonté et distendu, creux épigastrique enfoncé, tête fléchie, saillie des muscles quadriceps et des grands fessiers

important oedème pulmonaire

Partage de la tunique

 

Le droit romain accordait aux bourreaux les vêtements d'un supplicié : ils étaient donc quatre à se partager les vêtements et sous-vêtements. On discute pour savoir si Jésus était nu sur la croix ou revêtu d'un pagne. Pour la tunique sans couture (à paraître)

 

 

Mort de Jésus

Mt 27 45-54

Mc 15 33-41

Lc 23 44-49

Jn 19 28-30

métabolisme anaérobique, réduction du rythme cardiaque, compensation circulatoire au profit du cœur et du cerveau, mort par asphyxie provoquant une tétanisation musculaire généralisée ou par crise cardiaque

 

 

Le sang et l'eau

Position du coup de lance

Position du  coup de lance

Jn 19 31-37

après la mort, coup de grâce porté presque à l'horizontale, du côté droit selon l'habitude romaine, par une lance de type romain enfoncée entre la cinquième et la sixième côte qui a perforé le poumon droit avant d'arriver au cœur dans l'oreillette droite

en conséquence, écoulement de liquide pleural et péricardique qui ne se mélange pas au sang

sur le côté droit de la poitrine, massive coulée de sang de 15 cm de hauteur et s'étalant jusqu'à 6 cm en largeur issue d'une plaie béante provoquée après la mort

présence de liquide péricardique et de sérum autour de caillots de sang coagulé qui a coulé de la veine cave supérieure

série de quatre taches provoquées par du sang humain mêlé à du liquide pleural d'origine traumatique dans la proportion de 1 à 6

Descente de croix et ensevelissement de Jésus

Placement du linceul sur le corps

Linceul, mentonnière et bande

Le linceul avec la mentonnière et la bande liant les pieds et la taille

Reconstitution tridimensionnelle de l'homme du linceul

Reconstitution tridimensionnelle de l'homme du linceul

Mt 27 55-61

Mc 15 42-47

Lc 23 50-56

Jn 19 38-42

La loi juive interdisait que le cadavre d'un condamné à mort passe la nuit sur le lieu d'exécution (Dt 21,22-23)

ensevelissement rapide sans les ablutions rituelles car le sabbat approchait et les condamnés à mort ne pouvaient pas bénéficier de cette préparation rituelle

normalement le corps d'un condamné à mort devait être gardé pendant 24 heures avant d'être réclamé par sa famille

lividité : couleur rouge violacée de la peau

rigidité cadavérique

corps nu et non nettoyé

imprégnation préalable du tissu qui n'absorbe pas les traces sanguines

au niveau de la région lombaire, lorsque le corps a été déposé, coulée transversale de sang provenant de la veine cave supérieure qui s'est divisée en deux branches, une vers le coude droit et une autre vers le coude gauche

présence d'une logette (ou de deux logettes) pour caler la tête (?)

présence de pièces sur les yeux (?)

les jambes sont restées en position semi fléchie comme elles l'étaient sur la croix

après la mort, lors de la déposition, la tête était fléchie en avant de 70 degrés et inclinée par rapport à la verticale de 20 degrés vers la droite, le bras droit étant levé, pendant environ une heure

le corps, après avoir été détaché de la croix, a été allongé sur le dos puis est resté en position couchée sur le côté droit, face contre terre, pendant environ une autre heure. La position du bras droit n'a pas changé

Ensuite le cadavre a été retourné sur le dos (angle de 115 degrés par rapport à la verticale) et le bras droit ramené sur le ventre. Une main gauche a appliqué , à trois reprises, le suaire sur la face du cadavre pour tenter d'arrêter l'écoulement sérohématique du nez provenant de l'oedème pulmonaire

La garde du tombeau

 

Mt 27 62-66

ensevelissement dans un tombeau neuf appartenant à Joseph d'Arimathie et constitué de deux salles (antichambre et salle funéraire) creusées dans le roc et fermées par une pierre.

pas de signes de putréfaction ou de décomposition qui apparaissent dans les trente ou quarante heures après la mort

des lettres "fantômes" latines sur le linceul indiqueraient une identification par un huissier romain (?)

 

Les femmes au tombeau

Mt 28 1-15

Mc 16 1-8

les femmes sont venues avec des huiles parfumées pour compléter les onctions à la fin du sabbat

 

 

Les femmes et les disciples au tombeau

Lc 24 1-11

Jn 20 1.11-18

constatation par Jean, seul témoin oculaire, de ce qui s'est passé : le corps du Christ se serait redressé en disparaissant à travers la toile (?)

au niveau de l'image dorsale, absence de pression au niveau des fesses et des épaules ainsi que d'aplatissement de la cambrure des reins

le tissu du linceul a été détaché du corps sans trace d'arrachement, en particulier au niveau des caillots sanguins et de la fibre de la toile

 

Auteur : Fernand LEMOINE

Sources :

      1. Dr Jean-Maurice CLERCQ, La Passion de Jésus : de Gethsémani au Sépulcre, François-Xavier de Guibert, Paris, 2004
      2. Dr Jean Lévêque et Dr René Pugeaut, Le Saint-Suaire revisité, Sarment - Éditions du Jubilé, 2003
      3. André Marion et Anne-Laure Courage, Nouvelles découvertes sur le Suaire de Turin, Albin Michel, 1997
      4. Antoine LEGRAND, Evangile et Linceul, François-Xavier de Guibert, 1998
      5. Gino MORETTO, Guide du Saint Suaire, MediasPaul, 1996

Mise à jour : 27-oct.-2004