Glossaire économique et de la vie quotidienne du
Nouveau Testament
Les mesures de capacité
Seules sont indiquées, les mesures présentes dans le Nouveau
Testament, à l'exception de l'epha.
|
SOLIDES |
LIQUIDES |
|
|
sea
(saton) 7 à 15 litres |
| UNITES |
epha
<------------------------------> Equivaut |
à <------------------------------> bath
(batos) 21 à 45 litres |
|
kor
(koros) 210 à 450 litres |
|
Tableau des équivalences entre mesures de capacité
Celles-ci sont approximatives et doivent être lues dans le
sens horizontal
|
Epha |
Kor |
Bath |
Sea |
| Epha |
1 |
1/10 |
1 |
|
| Kor |
10 |
1 |
|
|
| Bath |
1 |
|
1 |
3 |
| Sea |
|
|
1/3 |
1 |
Les autres mesures de capacité
métrète
(équivalent ) du bath : de 35 à 40 litres
chenice
environ 1,1 litre
modius de
8,5 à 15 litres
Les mesures de longueur
coudée de 45
à 55 centimètres
chemin de sabbat 2000
coudées soit 1 kilomètre.
brasse
environ 1,85 mètre
stade
100 brasses soit environ 185 mètres.
mille [sous-entendu
pas] équivaut à 8 stades soit 1480 mètres
Les mesures de poids
livre (transposé en grec litra)
environ 325 grammes
La fiscalité à l’époque romaine est complexe, non uniformisée
dans les différentes provinces de l’empire et encore mal connue
actuellement.
On peut simplement en présenter les grandes lignes.
- Fiscalité directe : prélevée
directement par des agents romains ou par les autorités locales mais au
profit exclusif du trésor impérial.
(latin) Tributum soli : impôt foncier de 12,5%
prélevé sur toutes les terres situées en dehors de l’Italie
(latin) Tributum capitis ou capitatio : impôt
personnel par excellence, sans doute perçu sur l’ensemble des biens
fonciers d’une famille : le maître payait pour les femmes et
les esclaves.
L’un et l’autre sont établis sur base de recensements
périodiques (tous les douze ans en Syrie) et d’un cadastre des terres.
- Fiscalité indirecte : prélevée
au bénéfice de l’empire ou d’une cité par des particuliers, appelés
traditionnellement publicains (grec telônai : percepteurs),
qui prenaient à ferme le prélèvement d’un impôt particulier. Ceux-ci,
bien que surveillés par des procurateurs financiers, avaient tendance à
alourdir les impôts pour rentrer dans leurs frais et pour augmenter
leurs bénéfices. D’où le mépris ou la haine manifestée à leur égard par
le peuple.
(latin) portoria : droits de douane (péages, octroi),
généralement de 1 à 5% sur la valeur des marchandises, perçus à
l’intérieur de l’empire, à l’entrée des cités ou sur les nœuds de
communication
(latin) scriptura : taxes sur le bétail et sur les
pâturages
D’autres taxes sur les marchés et sur les ventes, en
particulier sur les ventes d’esclaves (4%), les amendes et les
monopoles comme les droits de pêche.
- Fiscalité spéciale, propre à la Judée
La taxe d’un didrachme ou demi-shekel, primitivement destinée
à l’entretien du Temple de Jérusalem, sera versée après l’échec de la
révolte de 70 après Jésus-Christ à la nouvelle caisse du fiscus
judaicus, destiné au culte de Jupiter Capitolin à Rome et étendue à
toute la population juive dans son ensemble !
L’impôt sur les maisons de Jérusalem, taxe propre à cette
ville et abolie par le roi Agrippa II (Flavius JOSEPHE, Antiquités
juives, XIX, 299)
En conclusion, les impôts ne sont pas plus lourds en Judée
qu’ailleurs. Toutefois différents facteurs contribuent à créer des
déséquilibres sociaux qui conduisent à de violentes tensions entre
riches et pauvres : la superposition de taxes provenant
d’autorités différentes, la surpopulation, la concentration foncière,
l’endettement, l’efficacité des recensements et le recours à des
fermiers comme les publicains.
Les monnaies
|
Nom
|
Symbole
|
Métal
|
Poids
|
Émetteur
|
|
Aureus
|
|
or
|
8 g (7,2 sous Néron)
|
empereur
|
|
Denier
|
X
|
argent à 95%
|
3,9 g (3,4 g sous Néron)
|
empereur
|
|
Sesterce
|
IIS
|
laiton (cuivre jaune)
|
25 à 27 g
|
sénat (sigle SC = Senatus Consulto)
|
|
Dupondius
|
|
laiton (cuivre jaune)
|
15 g (13 g sous Néron)
|
sénat (sigle SC)
|
|
As
|
I
|
cuivre rouge
|
10 à 11 g
|
sénat (sigle SC)
|
|
Semis
|
|
cuivre rouge
|
4,5 g
|
sénat (sigle SC)
|
|
Quadrans
|
|
cuivre rouge
|
3 g
|
sénat (sigle SC)
|
Le laiton (latin orichalcum) est un alliage composé de cuivre
(75%), de zinc (20%) et d’étain (5%°
Une belle présentation des diverses pièces romaines émises
sous le règne de Tibère peut se trouver en http://www.fredericweber.com/cotations-tibere.htm
.
Voici un exemple d'un denier en argent frappé à l'effigie de
Tibère.

Tableau des équivalences
des monnaies romaines
A lire dans le sens horizontal
| |
Aureus
|
Denier
|
Sesterce
|
As
|
Quadrans
|
|
Aureus
|
1
|
25
|
100
|
400
|
1600
|
|
Denier
|
1/25
|
1
|
4
|
16
|
64
|
|
Sesterce
|
1/100
|
¼
|
1
|
4
|
16
|
|
Dupondius
|
1/200
|
1/8
|
1/2
|
2
|
8
|
|
As
|
1/400
|
1/16
|
¼
|
1
|
4
|
|
Semis
|
1/800
|
1/32
|
1/8
|
1/2
|
2
|
|
Quadrans
|
1/1600
|
1/64
|
1/16
|
1/4
|
1
|
Toutes ces monnaies sont frappées à Rome et dans quelques
ateliers orientaux qui dépendent de l’administration impériale. Elles
portent des inscriptions uniquement en latin.
|
Nom
|
Étalon
|
Métal
|
Poids
|
Émetteur
|
|
Talent
|
|
aucun
|
aucun
|
|
|
Mine
|
|
aucun
|
aucun
|
|
|
Tétradrachme
(Statère)
|
|
argent
|
14,4 g
|
Autorités provinciales romaines et quelques cités
importantes
|
|
Didrachme
|
|
argent
|
7 g
|
Autorités provinciales romaines et quelques cités
importantes
|
|
Drachme
|
attique
rhodien
|
argent
|
3,6 g
3,1 g
|
Autorités provinciales romaines et quelques cités
importantes
|
|
Obole
|
|
bronze (cuivre rouge)
|
|
Des centaines de petites cités, des gouverneurs de
provinces, des rois et tétrarques hérodiens
|
|
Chalque
|
|
bronze (cuivre rouge)
|
6 g
|
Des centaines de petites cités, des gouverneurs de
provinces, des rois et tétrarques hérodiens
|
|
Lepton (parfois considéré comme synonyme de chalque)
|
|
bronze (cuivre rouge)
|
2 g
|
Des centaines de petites cités, des gouverneurs de
provinces, des rois et tétrarques hérodiens
|
Il existe trois étalons différents pour ces monnaies qui se
différencient par le poids de la drachme :
- étalon attique lourd utilisé en Grèce (Athènes),
Macédoine, Phénicie, Judée et sud de l’Asie mineure : drachme
de 3,6 g
- étalon rhodien intermédiaire utilisé à Rhodes, dans l’ouest
de l’Asie mineure (cistophores ou pièces de Pergame et d’Éphèse
représentant le panier de Dionysos appelé ciste) et à
Antioche : drachme de 3,1 g
- étalon égyptien léger utilisé à Alexandrie. L’Égypte
connait un système monétaire fermé avec change obligatoire à l’entrée
et à la sortie du pays.
Tableau des équivalences
des monnaies de type grec
| |
Talent
|
Mine
|
Statère
|
Didrachme
|
Drachme
|
Obole
|
Chalque
|
Lepton
|
|
Talent
|
1
|
60
|
1500
|
3000
|
6000
|
|
|
|
|
Mine
|
1/60
|
1
|
25
|
50
|
100
|
|
|
|
|
Statère
|
1/500
|
1/25
|
1
|
2
|
4
|
|
|
|
|
Didrachme
|
1/3000
|
1/50
|
1/2
|
1
|
2
|
|
|
|
|
Drachme
|
1/6000
|
1/100
|
1/4
|
1/2
|
1
|
6
|
48
|
336
|
|
Obole
|
|
|
1/24
|
1/12
|
1/6
|
1
|
8
|
56
|
|
Chalque
|
|
|
1/396
|
1/96
|
1/48
|
1/8
|
1
|
7
|
|
Lepton
|
|
|
|
|
1/336
|
1/56
|
1/7
|
1
|
|
Grec
|
Equivaut à
|
Romain
|
|
1 drachme attique
mais change souvent imposé par l’état :
1 tétradrachme
|
|
1 denier
3 deniers
|
|
4 drachmes rhodiennes ou 1 cistophore
|
|
3 deniers
|
|
4 drachmes égyptiennes
mais change souvent imposé par l’état :
1 tétradrachme
|
|
1 denier
25 à 29 oboles
|
|
1 obole
|
|
1 Dupondius ou 2 as
|
|
1 chalque
|
|
1 semis
|
|
1 lepton
|
|
1/2 quadrans
|
Les monnaies provinciales
dans l’Orient romain
Quelques remarques pour éclaircir cette manière très complexe
et encore fort méconnue :
- A la différence de l’usage actuel, les monnaies antiques
valent essentiellement par leur teneur en métaux précieux. De ce fait,
elles peuvent continuer à être utilisées fort longtemps après leur
émission, parfois plus d’un siècle, ce qui empêche toute identification
trop précise.
- A la différence également des époques précédentes (PHILIPPE
II de Macédoine, ALEXANDRE le Grand, les rois hellénistiques), aucune
monnaie d’or n’a été frappée selon un étalon grec dans les provinces
orientales de l’empire romain. Ce privilège était réservé à l’empereur.
- Aucune autorité en Judée, ni juive ni romaine, n’a émis de
pièces en argent à l’époque du Christ.
- Cependant, durant la première révolte de 66-70, des pièces
d’argent furent frappées en signe d’indépendance portant les mentions
suivantes en hébreu : sicle, demi-sicle et quart de sicle
d’Israël. Leur poids correspondait à l’étalon tyrien.
- Ponce PILATE a émis au moins trois pièces
différentes à Jérusalem en Judée :

16ème année de TIBERE (août 29 à août 30) : un
dilepton ou double lepton en bronze représentant un simpulum ou louche
servant aux libations rituelles avec la mention
" Tibère " en grec et au revers, trois épis de blé.
17ème et 18ème
année : deux dileptons portant à l’avers un lituus ou bâton
d’augure recourbé en crosse avec la mention " Tibère
César " en grec et au revers une inscription mentionnant
l’année de la frappe ( LIZ an 17 ou LIH an 18), entourée d’une couronne.
La signification de ces pièces est ambigüe : d’une
part, conformément à la loi mosaïque, elles ne portent aucune figure
humaine, de l’autre elles représentent les symboles religieux du chef
de la religion romaine, le pontifex maximus soit l’empereur lui-même.
- Pendant les trois premiers siècles, jusqu’au règne de
Dioclétien (284 -305), des pièces de monnaie furent émises par les
cités grecques ou grécisées de la partie orientale de l’empire romain.
Elles sont appelées impériales grecques ou provinciales romaines par
les numismates.
Seules quelques cités (Athènes, Rhodes, Éphèse, Pergame,
Antioche, Tyr, Alexandrie …) ont émis un monnayage à usage
international et non strictement local.
Un cas particulier est représenté par la drachme et
le didrachme émis par la ville de Tyr en
Phénicie qui constituait le seul et obligatoire moyen de paiement pour
la taxe versée au temple de Jérusalem.
La teneur élevée en argent – environ 93% – de ces pièces ainsi
que leur contrôle constant les rendaient particulièrement appréciées
durant leur émission de 126 avant Jésus-Christ à 57 après Jésus-Christ.
Elles ne proviennent pas nécessairement de Tyr , qui a cessé de les
frapper après le règne de l'empereur Auguste.
On les appelle communément " le sicle du
sanctuaire " .
Elles présentent au droit l’effigie couronnée de laurier du
dieu de la cité, Melquart, portant une peau de lion autour de la nuque
et, au revers, un aigle se tenant sur la proue d’un navire, avec
l’inscription " De Tyr, la sainte et inviolable "
Comme cette monnaie n’était que peu utilisée pour le commerce
local, la présence de changeurs était inévitable dans l’enceinte du
Temple. Ce sont sans doute les frais de change couramment pratiqués par
eux et l'enrichissement personnel des vendeurs qui ont
provoqué la colère de Jésus (en Mt
21,12-13, Mc
11,15-17 et Lc
19,45-46) plutôt que le commerce d’animaux
proprement dit, nécessaire pour les sacrifices rituels.

De plus, des centaines de petites cités, pour ne pas dire un
millier, ont émis des pièces en bronze, en petite quantité et de
manière discontinue, parfois en une seule occasion. Leur usage,
strictement local, n’est pas principalement économique mais plutôt
commémoratif d’un événement particulier. Ces émissions peuvent
également servir la politique de la cité comme instrument de propagande
vis-à-vis du pouvoir central ou des cités voisines rivales.
Dans presque tous les cas, le droit de la pièce représente
l’empereur régnant, avec ses noms et titres transcrits en
grec : Kaisar = César, Sebastos = Auguste, hypatos = consul.
Par contre le choix du revers est laissé librement à la cité :
héros fondateur, buste allégorique du peuple ou du sénat, la déesse
Rome, des animaux, des plantes, des monuments. Les dates, quand elles
sont mentionnées, suivent les ères locales et non le comput romain. La
diversité des types représentés est incroyable et le catalogue moderne
de David SEAR, Greek Imperial coins and their values,
qui est loin d’être complet, décrit plus de six mille pièces.
En Judée, l'ancre et une roue à rayon sont les motifs les plus
représentés sur le lepton,
la pièce de plus faible valeur, appelée prutah en hébreu.
Elle sera frappée à des dizaines de milliers d'exemplaires, jusqu'au
quatrième siècle après Jésus-Christ.
Que l’on songe aux dizaines de milliers de pèlerins, venant à
Jérusalem de toutes les provinces de l’empire romain (voir une liste en
Ac
2,9-11 ) et utilisant des monnaies de type, de
poids et de langues différentes.
- Cependant, si le système monétaire utilisé en Judée au 1er
siècle après Jésus-Christ est bien plus complexe que le nôtre, malgré
l’introduction de l’euro et d’une centaine de pièces aux dessins
différents, il n’est pas anarchique pour autant. Car il est soumis à
des règles précises et à des contrôles officiels de la part des
autorités (empereur, sénat, gouverneurs, rois et cités) qui en ont la
garde.

Un autre exemple de prutah ou lepton,
lui aussi frappé en Judée.
Voir Greek
Imperial coins (en anglais)
pour les impériales grecques
Quelques
termes
- As
- Grec assarion,
d’après le latin as.
Petite monnaie de cuivre, représentant le seizième du denier. Pour avoir une idée du coût
de la vie, deux moineaux s’achetaient pour un as (Mt
10,29) et cinq pour deux as ( Lc
12,6).
- Bath
- En grec, batos , transposition de l'hébreu bath. Unité de base pour la mesure des liquides, citée en Lc 16,6
(entre 21 et 45 litres). Remarquons que l'évangéliste Luc connait
bien les coutumes juives puisqu'il distingue les mesures pour les
solides des mesures pour les solide salors que la TOB et la Bible
de Jérusalem traduisent de manière uniforme et imprécise par "cent jarres" ou "cent barrils".
- Brasse
- Mesure de longueur grecque, citée en Ac 27,8 (20 brasses soit 35 mètres de profondeur)
- Chemin de sabbat
- Mesure
de longueur juive, corespondant à la distance maximale qui pouvait
être parcourue pendant le sabbat soit 2000 coudées.C'est la distance approximative entre
Jérusalem et le mont des Oliviers soit un kilomètre.
- Chénice
- Mesure grecque de capacité, citée en Ap 6,6 (un
peu plus d'un litre). La TOB, selon son habitude, et la Nouvelle
SEGOND, contrairement à son habitude, traduisent de manière
banale et imprécise par "une mesure de blé et trois mesures d'orge " alors que la Bible de Jérusalem transpose en unité moderne ("un litre de blé, trois litres d'orge").
- Coudée
- Mesure de longueur juive (en grec pèchus), citée en Mt 6,27 ; Jn 21,8 et Ap 21,17
(entre 45 et 55 cm). Les apôtres pêchaient donc à une centaine de
mètres du rivage du lac de Galilée. A la différence de la Bible de
JERUSALEM et de la Nouvelle SEGOND, la TOB fait complètement
disparaître la notion de mesure dans sa traduction ("prolonger tant soit peu son existence").
- Denier
- Grec dênarion,
d’après le latin denarius.
Pièce romaine en argent d’environ quatre grammes qui correspond au
salaire d’un ouvrier agricole pour une journée de travail (Mt
20,2). Elle est appelée monnaie du tribut en
Mt
22,19 parce qu’elle était utilisée pour payer
l’impôt au fisc impérial romain. La réponse fournie à Jésus par les
pharisiens peut s’appliquer indifféremment à une pièce émise par Jules
César, par Auguste ou par Tibère. Une explication différente a été
proposée : voir ci-dessous
à propos du lepton.
En Mt
18,28, la somme de cent deniers sert à désigner une
petite somme. Quelques indications de prix sont
intéressantes pour connaître le coût de la vie : une
livre (325 grammes) d’un parfum réputé comme le nard coûtait 300
derniers (Jn
12,5) alors qu’une somme de cent deniers était
insuffisante pour acheter du pain qui nourrirait une grande foule (Jn 6,7).
Un chénice de blé ou 3 chénices d’orge coûtaient un denier (Ap 6,6)
ce qui indique bien la valeur relative de ces deux céréales. Par opposition avec la Bible de JERUSALEM et la Nouvelle SEGOND, la TOB traduit le texte de Lc 7,41 de manière banale et imprécise par "cinq cent pièces d'argent " et celui de Mt 20,2 par "une pièce d'argent".
- Didrachme
- Grec didrachmon
signifiant double drachme.
Cette pièce d’argent représentait l’impôt annuel du au Temple par tout
juif mâle âgé d’au moins vingt ans, en Palestine comme en diaspora. Cf.
Ex
30,13-15 qui mentionne l’impôt d’un demi-sicle pour le Seigneur de poids
équivalent à celui de l’époque du Christ. Il était perçu un peu partout
par des agents du fisc juif, comme ceux de Capharnaüm cités en Mt
17,24 et devait être payé en monnaie d’argent de Tyr (étalon attique) qui était réputée. C'est le salaire de deux journées de travail d'un ouvrier moyen.
- Drachme
- Grec drachmê.
Monnaie grecque d’argent d’un poids de 3,5 grammes. Elle correspond à
environ un denier romain ou
à seize as de cuivre et est citée
dans le passage de la femme recherchant une pièce perdue (Lc
15,8).
C'est le salaire d'une journée de travail d'un ouvrier moyen. Par
opposition avec la Bible de JERUSALEM et la Nouvelle SEGOND, la TOB traduit de manière banale et imprécise par "dix pièces d'argent ".
- Epha
- Unité de base pour la mesure des solides, non citée dans le Nouveau Testament (entre 21 et 45 litres).
- Kor
- En grec, koros , transposition de l'hébreu kor. Unité de mesure des solides, citée en Lc 16,7 (entre 210 et 450 litres). Remarquons que l'évangéliste Luc connait bien les coutumes juives.
- Lepte
- Grec lepton,
hébreu prutah.
La plus petite pièce en circulation, valant ½ quadrans ou 1/8 d’as. C’est tout ce que possédait une
veuve pauvre qui déposa deux leptes dans le tronc du trésor du Temple (Mc
12,42 et Lc
21,2). Nous dirions deux centimes. Ce terme de
lepton est également mentionné en Mt
5,26 et Lc
12,59 pour désigner une somme infime. Ce sont des
monnaies en bronze de ce type qui furent frappées par des rois juifs
comme Alexandre Jamnée qui régna de 103 à 76 avant Jésus-Christ et
Hérode Agrippa II ainsi que par Ponce Pilate durant son mandat en
Judée. Or le texte occidental du
Codex de Bèze formule ainsi la réponse de Jésus en Lc
20,24 : " Montre-moi la
monnaie ; de qui a-t-elle (une) image et
l’inscription ? ". Il demandait donc de qui cette
monnaie portait une image, sans doute parce que les pharisiens lui
avaient présenté une pièce portant, non pas le portrait de l’empereur
comme sur un denier, mais un de ses symboles religieux (lituus ou
simpulum) comme sur les pièces de Pilate. On comprend alors mieux
comment les pharisiens peuvent tendre leur piège en utilisant une
monnaie romaine, symbole de la puissance occupante, mais respectant les
interdits religieux de non figuration humaine. D’ailleurs, dans
l’interprétation habituelle du denier, les pharisiens auraient
eux-mêmes transgressé la loi mosaïque et se seraient pris à leur propre
piège. Par opposition avec la Nouvelle SEGOND, la TOB et la Bible de JERUSALEM traduisent Mc
12,42 et Lc
21,2 de manière banale et imprécise par "deux petites pièces " ou "deux piécettes" alors qu'elles traduisent Lc
12,59 de manière précise par "dernier centime" ou "dernier sou". Pourtant, il s'agit du même mot grec.
- Livre
- En grec litra. Mesure de poids romaine, citée en Jn 12,3 et Jn 19,39
(environ 325 grammes). Le poids du mélange de myrrhe, gomme-résine, et
d'aloès, sorte de parfum, destiné à l'embaument du corps de Jésus
dépassait donc plus de 30 kilos.
- Métrète
- Mesure de longueur grecque, citée en Jn 2,6 (environ 35 à 40 litres). La TOB, la Bible de JERUSALEM et la Nouvelle SEGOND traduisent de manière banale et imprécise par "deux à trois trois mesures "
- Mille
- Soit 1000 pas, mesure romaine de longueur, citée en Mt 5,41 (environ 1480 mètres).
- Mine
- Grec mnâ.
Monnaie de compte qui vaut cent drachmes
et qui n’existe pas sous forme de pièce. Elle correspond à 1/60 de talent soit 570 grammes d'argent. La parabole des mines en
Lc
19,13-25 mentionne respectivement des sommes de dix
mines (1000 drachmes), de cinq mines (500 drachmes) et d’une mine (100
drachmes).
- Sesterce
- Latin sestertius.
Cette monnaie romaine n’est pas mentionnée dans le Nouveau Testament
bien qu’elle soit la plus utilisée dans l’empire et la plus mentionnée
dans la littérature latine. Les empereurs soignaient particulièrement
leur portrait sur les sesterces, à des fins de propagande.
- Sea
- En grec, saton , transposition de l'hébreu sea. Unité de mesure des liquides, citée en Mt 13,33 et Lc 13,21
(entre 7 et 15 litres). Remarquons que l'évangéliste Luc connait
bien les coutumes juives alors que la TOB et la Bible de
Jérusalem traduisent de manière banale et imprécise par "trois mesures" .
- Sicle
- Pièce d’argent (grec argurion)
appelée également sicle (hébreu shekel)
parce que son poids correspond plus ou moins à l’ancienne mesure de
poids d’Israël (11 g) appelée également sicle. Elle équivaut à quatre drachmes ou à un tetradrachme.
Pour sa trahison, Judas reçut trente sicles (Mt
16,15), sans doute dans la monnaie du Temple (sicle
de Tyr), et cela conformément à
la prophétie de Za
11,12. C’était la somme fixée par la Loi comme
compensation pour la mort accidentelle d’un esclave ou d’un serviteur (Ex
21,32).
De la première à la cinquième et dernière année de la révolte
juive contre Rome, les insurgés juifs frappèrent des sicles de
poids moindre, valant deux deniers et portant des inscriptions en
hébreu archaïque.
- Stade
- Mesure grecque de longueur, citée en Lc 24,13 et 1 Co 9,24 (environ 185 mètres). Le village d'Emmaüs est situé à 60 (12 km) ou 160 (32km)
stades de Jérusalem. A la différence de la Bible de JERUSALEM et de la Nouvelle SEGOND, la
TOB fait complètement disparaître la notion de mesure dans sa
traduction ("à deux heures de marche").
- Statère
- Grec statêr.
Monnaie grecque d’argent qui correspond à quatre
drachmes (tétradrachme) ou à un sicle
juif. En Mt
17,24-27 elle sert à payer le tribut au Temple pour
Jésus et pour Simon Pierre.
- Talent
-
- Grec talanton.
Monnaie de compte qui vaut soixante mines ou 6000 drachmes
et qui n’existe pas sous forme de pièce. Elle équivaut à environ vingt kilos d'argent. La somme de 10 000 talents (ou
soixante millions de drachmes) mentionnée en Mt
18,24 désigne une somme gigantesque et irréaliste
pour la dette d’un esclave puisque, selon Flavius JOSEPHE, Hérode
tirait un revenu de 1000 talents seulement de son royaume. Par contre
les sommes de respectivement cinq, deux et un talent, remises par un
maître à ses serviteurs en Mt
25,15-28 restent vraisemblables.
- TÉtradrachme
- Grec tetradrachmon,
signifiant quadruple drachme.
Cette monnaie, également appelée statère,
correspond au sicle juif et correspondait au montant de la redevance pour deux personnes.
Auteur : Fernand LEMOINE
© EBIOR,
29/09/2009
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