SIRACIDE

En dehors des écrits des prophètes, le SIRACIDE est le seul livre de l'Ancien Testament dont l'auteur nous est connu grâce à un prologue reconnu comme non-canonique : Jésus, fils de Sirac (ben Sirac), un sage de Jérusalem, Celui-ci a vu Jérusalem passer de la domination des rois séleucides à celle des rois lagides et a connu le grand prêtre Simon qui mourut après 200 avant Jésus-Christ. Malgré son intérêt pour le Temple et pour le culte, rien ne permet d'affirmer qu'il était prêtre.

L'histoire de la transmission du texte s'avère complexe.

Ben Sirac l'écrivit en hébreu vers 180 avant Jésus-Christ d'où l'appellation de Siracide. Le texte hébreu, perdu très rapidement, fut retrouvé

Par la suite, le petit-fils de l'auteur le traduisit en grec vers 130 avant JC, texte connu habituellement sous le sigle Gr I. Une seconde édition grecque, un peu plus tardive, est également attestée sous le sigle Gr II. Elle a servi de base à l'ancienne version syriaque (Peshitta) et à l'ancienne version latine (Vetus latina) reprise directement dans la Vulgate.

Toutes deux sont citées par les Pères, en particulier par saint Cyprien, au IIIe siècle qui lui donna le titre d'Ecclesiasticus (liber) d'où dérive le nom d'ECCLESIASTIQUE c'est-à-dire " le livre officiel de l'Église".

L'église catholique, à l'inverse des églises protestantes, reconnaît ce livre comme canonique, indépendamment de la langue et de l'édition. Il s'agit même d'un livre deutérocanonique puisque ne figurant pas dans le texte massorétique.

Cet écrit de sagesse, datant de la fin de la période de l'Ancien Testament, nous présente sans grande structure la théologie juive traditionnelle à une époque où l'hellénisme pouvait se révéler menaçant.

En voici une vue d'ensemble :

Prologue du traducteur où apparaît la triple division devenue traditionnelle dans la Bible hébraïque : la Loi, les Prophètes et les Écrits.

chapitres 1 - 23 : Première partie contenant quelques passages consacrés à la Sagesse (1,1-10 ; 4,11-19 ; 6,18-37 ; 14,20-15,10) ainsi que de véritables petits traités sur le bon usage de la parole (22,27 - 23,6) ou sur le mariage (25-26).

chapitres 24 - 50 :  Seconde partie commençant elle aussi par un passage dédié à la Sagesse (24,1 - 24,34) et contenant des passages consacrés au culte et à la prière (34,21 - 36,22), au sage (37,16-26 ; 39,1-11) ainsi qu'à la Gloire de Dieu dans la nature (42,15-43,33) et dans l'histoire d'Israël (44-50)

chapitre 51 Appendices : cantique d'action de grâces et poème sur la recherche de la Sagesse.

Esprit ouvert aux nouvelles conceptions philosophiques de son temps, ben Sirac veut défendre le patrimoine religieux du judaïsme et convaincre les juifs qu'Israël possède, par la Révélation divine, l'authentique sagesse.

Ses espérances se limitent à un horizon terrestre - santé, prospérité et postérité - sans perspective messianique ou universaliste. Dans cette œuvre apparaît également la volonté de se séparer des impies, conception qui sera poussée à l'extrême plus tard par les esséniens.

Le livre du SIRACIDE fut apprécié par les premiers chrétiens, des parallèles dans l'épître de Jacques le montrent bien : c'est ainsi que Si 15,12 est repris en Jc 1,13 "Dieu ne tente personne" ou que Si 28,18-22 est repris en Jc 3,5-6 " La langue est du feu".

Auteur  :  Fernand LEMOINE  

Dernière mise à jour : 27 nov. 2005

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