Fatima 1916. Durant la grande guerre 1914-1918 la douce et tendre Mère du Ciel va rendre visite à trois petits bergers : la plus grande Lucia est la dernière enfant d'Antonio et de Maria-Rosa DOS SANTOS. Elle a à ce moment -là dix ans. C'est une jeune fille réfléchie et responsable ; ses parents lui confient la garde du troupeau familial dès l'âge de neuf ans. Le deuxième enfant, Francesco MARTO, neuf ans et le troisième, sa sœur Jacintha MARTO sept ans sont les deux derniers d'une famille nombreuse de dix enfants.
Lucia a été élevée d'une main ferme par sa maman qui lui a communiqué sa foi entière et son horreur du péché, spécialement du mensonge. Comme elle est sérieuse et raisonnable on lui confie ses deux jeunes cousins pour la garde du troupeau. Les trois cousins sont pieux, chacun à leur manière ; ils aiment participer à la messe du dimanche et à réciter le chapelet. Ils aiment aussi chanter, sauter et danser sur le chemin de leur hameau.
Un jour qu'ils partaient avec les troupeaux, Lucia prends sur ses épaules un agneau. Ses deux cousins, Francesco et Jacintha, lui demandent : " Pourquoi fais-tu cela ?" "Pour imiter notre Seigneur, dit-elle, comme l'image de Jésus que j'aie reçue du bon curé. " Un jour, alors qu'ils gardaient les troupeaux, Lucia décida de réciter un chapelet. Ils le dirent le plus sérieusement possible car les intentions ne manquaient pas pendant ces temps de guerre. Alors qu'ils étaient en prière, une rafale de vent inattendue attire leur attention. Au-dessus des oliviers qui couvrent la pente de la colline, ils aperçoivent une forme humaine qui vient vers eux. C'est un adolescent qui paraît quatorze ou quinze ans, d'une beauté inexprimable. Il leur dit : " N'ayez pas peur, je suis l'Ange de la paix. Priez avec moi. " Et tombant à genoux, le front touchant le sol comme l'ange, ils répètent trois fois :

" Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime, je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas et qui ne vous aiment pas. "
Avant de les quitter, l'ange leur dit : " Priez comme cela ! " Lorsqu'ils se retrouvèrent seuls, ils restèrent toujours immobiles, le front sur le sol, répétant plusieurs fois la prière de l'ange. Puis se taisant mais toujours sans bouger car la présence de Dieu était encore intense et intime, ils n'osaient même pas se parler.
Le lendemain ils baignaient encore dans cette atmosphère. Le lieu où l'ange leur apparut s'appelait Cabeço et devint leur lieu préféré.
La deuxième apparition de l'ange eut lieu chez Lucia dans la cour près du puit. Alors qu'ils étaient en train de jouer, l'ange leur dit
: "Que faîtes-vous là ? Priez, priez beaucoup. Jésus et
Marie ont sur vous des intentions de miséricorde. " L'ange leur de nouveau : "Offrez sans cesse au Seigneur des prières et des sacrifices.
" A partir de cet instant la vie des enfants change, ils ne perdent plus un seul instant, ils prient et offrent des sacrifices à Jésus. Cela les prépare à une dernière visite de l'ange. Lors de cette dernière visite, l'ange porte en ses mains un calice et une hostie; de celle-ci sort des gouttes de sang qui tombent dans le calice. L’ange dit : "
Priez avec moi " et, tombant le front contre terre, ils répètent
: " Très sainte Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, je vous aime profondément, je vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquelles Il est lui-même offensé. Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du cœur immaculé de Marie je vous demande la conversion de tous les pécheurs. "

L'ange tend l'hostie à Lucia et offre le calice à boire à Francesco et à Jacintha en disant :
"Prenez le Corps et le Sang de Jésus-Christ tant outragé par les hommes ingrats ! Réparez leurs péchés et consolez votre Dieu. " Puis l'ange disparaît. Perdus dans une prière et une contemplation qui dura longtemps, longtemps, ils restèrent sur place sans bouger.
Fatima mai 1917. le dimanche 13 mai, après avoir assisté à la messe, les trois petits bergers, déjeuner en poche, partirent avec leur troupeau. " On va vers Gouveia " décide Lucia. Et ils se mirent en route. Mais au bout de quelques minutes ils rebroussent chemin et décident d'aller plutôt à"Cova de Iria ". On lui demanda pourquoi, elle ne saurait le dire. A peine arrivés, les enfants sortent leurs provisions et ont vite fait d'expédier leur repas. Comme tous les jours après le repas, ils se mettent à genoux et récitent leur chapelet. C'est le plein milieu du jour, le ciel est clair et limpide, une lueur fulgurante les fait tressauter.

Rien pourtant ne fait penser à un orage. Ils se lèvent, rassemblent les bêtes et décident de rentrer au plus tôt. Pendant qu'ils se
hâtaient à pousser les brebis, une lueur plus puissante les cloue au sol. Dominant leur frayeur, ils avancent de nouveau, une lumière les enveloppe, plus éblouissante qui les rend presque aveugle. Ensemble, ils regardent vers un petit chêne vert qui se trouve sur leur droite. Ils aperçoivent une jeune fille. C'est d'elle qu'émane cette extraordinaire lumière.
Les enfants épouvantés voulaient fuir mais elle leur dit : " N'ayez pas peur, je ne vous ferai aucun mal. "
Lorsque plus tard, on demandera aux trois bergers comment elle est, ils répondront : " Infiniment belle, plus belle que ce qu'on n'a jamais pu voir sur des images ou ailleurs. "
Elle semble avoir dix-huit ans, elle est toute vêtue de blanc, d'une longue robe et d'un voile qui descend jusqu'à terre, ornés tous les deux de galons d'or. Elle a un sourire très aimable, légèrement empreint de tristesse. Ses mains sont jointes devant la poitrine ; à son bras droit pend un chapelet dont les grains semblent des perles lumineuses. Ses pieds nus sont posés sur un petit nuage blanc qui effleure le haut du chêne vert. Lors de cette première visite de la douce Mère du Ciel, Lucia questionne : "D'où êtes-vous ? "" Je suis du ciel" et sa main se lève.
"Que désirez-vous de nous ? " continue Lucia. "Je viens vous demander de vous trouver ici, six fois de suite à cette même heure, le treize de chaque mois. En octobre, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. "" Vous venez du ciel? "dit Lucia " et moi, irai-je au ciel ? ". "Oui, tu y viendras" réponds Marie. Et Lucia reprend : " Et Jacintha et Francesco aussi ? " Marie répond : " Jacintha aussi ". Puis elle regarde Francesco avec un tendre sourire et dit : " Lui aussi mais il faut qu'il récite son chapelet. " Lucia questionne de nouveau, concernant deux jeunes filles de la paroisse qui viennent de mourir. "Maria da Neves, est-elle au ciel ? " " Oui, elle y est" répond Marie. " Et Amelia ? ". " Elle est au purgatoire " répond la Vierge. Maintenant c'est la demoiselle qui parle : ""Voulez-vous offrir à Dieu des sacrifices et accepter toutes les souffrances qu'il vous enverra en réparation des péchés si nombreux qui offensent sa divine majesté ? Voulez-vous souffrir pour obtenir la conversion des pécheurs, pour réparer les blasphèmes ainsi que toutes les offenses faites au Cœur Immaculé de Marie ? " Se faisant le porte-parole de ses cousins, Lucia répondit : " Oui, nous le voulons. " La sainte Vierge écarte les bras et projette sur les trois bergers un faisceau lumineux qui les pénètre et les éclaire de l'intérieur.

Les trois enfants répètent avec ardeur : "0 Très sainte Trinité, je vous adore !... Mon Dieu, mon Dieu, je vous aime. ... " La demoiselle avant de les quitter de réciter le chapelet tous les jours pour obtenir la paix du monde.

Tout cela a duré une dizaine de minutes. Les trois enfants sont pris par cette merveilleuse apparition : tous trois ont vu la Vierge Marie mais Francesco n'a pas entendu et questionne sa cousine Lucia pour savoir ce qu'elle a dit. Jacintha, elle, a tout entendu mais seulement Lucia a parlé.
Elle fit promettre à Jacintha et à Francesco de
ne rien dire à personne.

Mais rentrés à la maison, la petite Jacintha ne put garder pour elle ce secret. Elle dit bien vite à sa maman qu'elle a vu la Sainte Vierge à Cova da Iria. L'apparition n'a pourtant pas dit son nom mais Jacintha en est sure : c'est la Sainte Vierge.
La maman de Lucia bat sa fille avec un balai en l'accusant de menteuse. Mais Lucia confirma ce que Jacintha avait dit.
Le 13 juin, la maman de Lucia, Maria-Rosa, ne sait plus que faire et n'ose pas interdire à sa fille de se rendre à la Cova da Iria. Vers midi, les trois bergers récitent leur chapelet. Une cinquantaine de personnes se trouvait avec eux. Puis Lucia, se levant, s'écrie : "Voilà l'éclair, la dame arrive. " Suivie de Jacintha et de Francesco, ils se rendent à l'endroit où la Dame est apparue. Comme la première fois, Lucia prend la parole : "Vous m'avez demandé de venir ici, voulez-vous me dire ce que vous désirez ? "Après lui avoir demandé de revenir le 13 juillet, l'apparition recommanda de nouveau le chapelet quotidien. Puis la belle Dame dit encore aux trois bergers :
" Je veux que vous appreniez à lire, je vous dirai ensuite ce que je désire. " Lucia demanda de guérir un malade, la belle dame dit
: "Qu'il se convertisse et il guérira dans l'année
! "Puis Lucia pense aux souffrances qui l'attendent et dit : "Je voudrais vous demander de nous prendre au Paradis. "
La sainte Vierge dit: " Oui, pour Jacintha et Francesco, je viendrai bientôt les prendre mais toi tu dois rester plus longtemps dans le monde. Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. " Lucia répondit :' " Alors, il faudra que je reste ici toute seule ? " " Non, répondit la belle dame, et tu souffriras beaucoup de cela. Ne te décourage pas, je ne t'abandonnerai jamais ; mon Cœur Immaculé sera ton refuge et la voie qui te conduira à Dieu. "
Francesco questionne longuement Lucia, lui fait répéter les paroles prononcées par la visiteuse du Ciel, surtout celles parlant du Cœur Immaculé de Marie qu'il cherche à bien comprendre.
Il est tout heureux d'apprendre qu'il ira bientôt au Ciel. Et on l'entendra souvent depuis ce jour dire " Jacintha et moi, nous irons bientôt au Ciel. " .
Entre la deuxième et la troisième apparition, la vie était devenue tellement difficile pour Lucia que la veille du 13 juillet, elle dit à ses cousins : " Je n'irai pas ! " Francesco pria et pleura toute la nuit, demandant à la sainte Vierge de la faire venir. Le jour venu de la troisième apparition, Lucia dit : " J'y vais" et ses cousins la suivirent. Les parents sont avec les enfants finalement. Ils sont maintenant plus de 4000 personnes à se rassembler à la Cova da Iria. Midi, l'éclair annonce l'arrivée de la Dame ; la foule tombe à genoux, les enfants fixent la visiteuse céleste mais Lucie n'ose pas prendre la parole, elle a honte d'avoir hésité à venir. Jacintha l'encourage en lui disant : "Allons, Lucia, parle, ne vois-tu pas qu'elle est là et qu'elle veut causer avec toi. "La Dame répète ses demandes, elle ajoute à celle du chapelet quotidien l'intention d'obtenir la fin de la guerre et l'intercession de la sainte Vierge pour obtenir cette grâce. Lucia pense à tous ceux qui la traitent de menteuse et dit : " Je vous en supplie, madame, dites-nous qui vous êtes et faites un miracle pour que tous croient que vous êtes apparue. " La belle dame dit : " Revenez ici tous les mois. En octobre, je dirai qui je suis et je ferai un grand miracle pour que tout le monde puisse croire. " Lucia lui demande quelques guérisons. Après cela, la belle Dame leur recommande de faire des sacrifices pour les pécheurs et leur apprend la formule d'offrande :
"Ô Jésus, c'est pour votre amour, pour convertir les pécheurs et pour réparer les offenses au Cœur Immaculé de Marie. "
La Dame écarte les mains comme les autres fois mais la lumière qui en émane semble ouvrir la terre. Les trois petits bergers aperçoivent une mer de feu où des monstres affreux et des formes humaines hurlent de douleur. Lucia dira plus tard au sujet de cette vision que si la sainte Vierge ne leur avait pas promis le paradis, ils seraient morts de terreur. La sainte Vierge dit : "Vous
avez vu l'Enfer où vont aboutir les âmes des pauvres pécheurs, pour les sauver le Seigneur veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si on fait ce que je demande, beaucoup d'âmes se sauveront et on aura la paix. La guerre va vers la fin mais si l'on ne cesse d'offenser le Seigneur, sous le prochain pontificat, en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne, qu'il est proche le châtiment des crimes du monde par la guerre, la famine et les persécutions contre l'Église et le Saint-Père. Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration du monde à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on écoute mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon elle répandra ses erreurs, beaucoup de bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à
souffrir, plusieurs nations seront anéanties. Mais enfin mon Cœur Immaculé triomphera. "
A SUIVRE
Auteur : ANGELA CORSO
Dernière mise à jour : 27/01/2008.
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